VOYAGER EN TRAIN AVEC SON VéLO : TOUT CE QUE VOUS DEVEZ SAVOIR AVANT DE PARTIR

C’est l’antichambre du voyage. Vous avez lâché quelques gouttes de sueur pour hisser votre vélo dans le wagon ; vous êtes tous deux installés, lui suspendu à un crochet, sacoches à ses roues ; vous dans un siège, la carte sur les genoux. Le voyage commence… Tout qu’il faut savoir pour que bossent en équipe les deux meilleurs amis du climat.

TER, Intercités, TGV, Ouigo... On peut, en théorie, embarquer son vélo dans la plupart des trains en France, moyennant parfois une réservation, voire quelques euros supplémentaires sur le prix du billet. En pratique, néanmoins, il n’est pas toujours évident de trouver une place ou de s’entendre avec les autres voyageurs... Voici sept choses à savoir pour que le voyage en train de votre vélo (et le vôtre) se passe en toute sérénité.

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1. Un vélo démonté est un bagage ordinaire

La théorie : si votre vélo est démonté et mis sous housse, vous n’avez ni à réserver, ni à payer de supplément (sauf dans les Ouigo, 5 €), ni à vous rendre dans un wagon particulier. La seule limite, ce sont les dimensions : 1,30 m x 90 cm, ce qui oblige au moins à démonter la roue avant.

La pratique : un vélo sous housse est plus encombrant qu’une valise ou une paire de skis. Dans un Intercités : réservez un siège en bout de wagon pour pouvoir aller surveiller ou ramasser votre vélo à chaque arrêt. Si vous le pouvez, visez la voiture-bar, l’espace-enfants, ou celle du local à vélos. Ne vous éloignez pas : les vols existent et les agents de la SNCF ne sont pas gardiens.

La place est encore plus comptée dans les TGV, sauf dans les rames à étage : les soutes à bagages supérieures y accueillent un vélo couché sur le flanc, roues démontées. Comme dans les Intercités, faites preuve de bon sens et de politesse : démontez les pédales pour que les voyageurs ne s’y prennent pas les pieds, ne barrez pas le passage, veillez aux autres bagages. Récupérez votre vélo bien avant l’arrêt : cela lui évitera de se faire rouler dessus par une Samsonite stressée.

N’oubliez évidemment pas d’emporter une housse. La crainte principale des contrôleurs n’est pas l’encombrement, c’est que votre vélo salisse d’autres bagages. Tenez-en compte.

2. Les TER embarquent gratuitement les vélos

La théorie : repérez la voiture marquée d’un sigle vélo, embarquez, accrochez Raymond à son crochet et c’est bon presque partout en France. Presque ? Car il y a de plus en plus d’exceptions, notamment en période estivale ou les week-ends dans certaines régions touristiques, dont la Bretagne et les Pays de la Loire. Ne comptez pas sur la SNCF pour centraliser les informations. Il vous faudra aller consulter le site de chacun des réseaux de TER que vous allez emprunter pour savoir s’il vous faut ou non réserver, et payer un supplément, en général modique.

La pratique : les vélos gratuits, c’est « dans la limite des places disponibles », et le nombre de places est variable. Il y a souvent deux espaces vélos dans les TER, un en tête, un en queue. Ils en embarquent cinq ou six chacun. Les crochets sont à l’ancienne et parfois n’acceptent pas les pneus de 2 pouces des VTT ou les roues épaisses des VAE, par ailleurs bien lourds à dresser. Les espaces vélos sont parfois envahis par les valises, les poussettes, voire les fans de strapontins.

Proposez de hisser vous-même les valises en hauteur et de les descendre à l’arrêt. Si le rangement est horizontal, demandez aux autres cyclistes où ils descendent, et rangez les vélos selon l’ordre de débarquement. Un TER, c’est familial. N’hésitez pas à vous faire connaître du contrôleur, à lui dire où vous descendez, et à donner un coup de main aux autres s’il faut jouer au Tetris. En général, plus la ligne est petite, et mieux vous êtes accueilli(e). À chaque arrêt, gardez un œil sur votre vélo.

3. Les cargos, remorques, tandems… sont interdits de TER

La théorie : dehors !

La pratique : Souvent, ça passe. C’est une question de bon sens et de bonne volonté réciproque. Si le compartiment vélos du TER est plein, n’insistez pas et prenez le suivant — c’est aussi valable avec un vélo ordinaire.

S’il est vide ou peu occupé, embarquez, mais veillez à prendre le moins de place possible. Décrochez la remorque et mettez-la debout. Déposez vos bagages pour laisser de la place aux autres vélos. Démontez les deux roues du tandem : le cadre devient peu ou prou une étagère, que vous pouvez installer debout. Restez à proximité pour donner un coup de main lors des arrêts s’il faut le déplacer.

4. On peut réserver des places vélos dans les Intercités

La théorie : pour dix euros par trajet, vous pouvez embarquer votre vélo non démonté dans l’espace vélos des Intercités, souvent situé en voiture 3. Votre place sera située au plus près du vélo.

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La pratique : les places sont peu nombreuses. Il est impossible, même au guichet, d’acheter le supplément vélo séparément ou ultérieurement. C’est au moment de l’achat ou rien. Il est aussi impossible d’acheter un billet « vélo » en même temps que des billets « sans vélo », ou d’acheter un aller « avec » et un retour « sans » (ou l’inverse).

Ne laissez pas vos bagages, votre GPS, ni d’autres accessoires sur le vélo. Vous pouvez attacher le vélo à l’armature du crochet avec un antivol.

5. On peut réserver des places vélos dans certains TGV

La théorie : même principe que pour les Intercités. Mais les places sont encore plus rares.

La pratique : parfois, il n’y a que deux places par rame. Réservez le plus tôt possible. Il est tout aussi impossible, même au guichet, d’acheter le supplément vélo séparément. Les emplacements dévolus aux vélos sont régulièrement occupés par des bagages empilés. Et la guerre de territoire ne passionne pas le personnel de bord. À vous de négocier pour préserver vos jantes en carbone, leurs rayons, et vos disques qui aiment si peu la compression latérale. Si la politesse et l’explication n’y suffisent pas, utilisez l’argument ultime : « J’ai payé. »

6. On peut réserver des places vélos dans les TGV internationaux

La théorie : bienvenue à bord.

La pratique : les Thalys-Eurostar (vers la Belgique et les Pays-Bas) et les Lyria (vers la Suisse) acceptent gratuitement les vélos sous housse. Mêmes dimensions maxi qu’en France.

On peut de nouveau embarquer un vélo à bord des Eurostar de Paris vers Londres, mais pas depuis Lille. Ils doivent être déposés au préalable au guichet des bagages enregistrés. Prévoir d’arriver bien en avance. Vous pouvez également embarquer un vélo démonté s’il tient dans une housse de 85 x 85 cm.

7. Les vélos pliants sont des passagers clandestins

La théorie : ils voyagent gratuitement et incognito.

La pratique : elle confirme la théorie. La marque anglaise Brompton fait payer très cher les capacités de contorsionniste de ses vélos renommés. Mais ils sont très capables de parcourir 100 km dans la journée. Une fois pliés, ils se glissent presque aussi facilement qu’une valise de dimensions comparables dans les compartiments à bagages. D’expérience, la housse, en théorie obligatoire, ne nous a jamais été réclamée. Des démos par les autres voyageurs, en revanche, si, et souvent ! Brompton n’est plus seul sur le marché de l’origami : Tern, Decathlon, Bike Friday ou Ahooga sont désormais de sérieux concurrents.

2026-06-17T09:15:55Z