Parcourir la Corse en voiture, à son rythme, cheveux au vent et carte routière à la main, fait partie des plus belles expériences pour les amateurs de road trips. Réputée pour ses plages spectaculaires, ses villages perchés, ses reliefs marqués et ses routes sinueuses offrant des paysages de carte postale à chaque virage, l’île de Beauté se découvre presque exclusivement en voiture. C’est le moyen idéal pour relier les sites incontournables et s’aventurer sur des axes plus discrets à la découverte de trésors cachés. En Corse, on ne parle pas d’un road trip, mais bien de road trips au pluriel. Il est possible de prévoir le temps nécessaire pour faire le tour complet de l’île, comme de choisir de se concentrer sur une seule région. Voici un exemple d’itinéraire centré sur le sud de la Corse. Ce road trip de sept jours relie Figari à Ajaccio en suivant en grande partie la RT40 et ses environs. Les voyageurs peuvent le suivre tel quel ou s’en inspirer pour composer leur propre parcours. Car s’il y a bien une chose que la Corse invite à faire, c’est écouter son instinct et se laisser porter.
Le plus simple pour les voyageurs est de récupérer la voiture de location à l’aéroport de Figari. Les trajets en avion entre la France métropolitaine et la Corse sont courts, et on gagne ainsi du temps pour la suite de l’aventure. Une fois sur la route, le ton est donné. On découvre tour à tour un maquis dense et une mer qui apparaît par surprise. Avant de rejoindre Bonifacio, on peut marquer un premier arrêt sur la côte ouest, vers des plages encore peu fréquentées le matin. Entre les marais de Soprane et de Sottane, la plage de Figari est une petite merveille, avec ses eaux turquoise et ses rochers de granit. Au printemps, l’étendue de sable invite à une première baignade corse. Une fois à Bonifacio et installé à l’hôtel, on découvre avec stupéfaction ses falaises calcaires, sa citadelle suspendue au-dessus de la mer et son port en contrebas. La première activité consiste à arpenter son centre-ville, avec des placettes ombragées, des maisons de toute beauté et un éventail de boutiques artisanales. On prévoit de bonnes chaussures, car on passera aussi par l’escalier du Roy d’Aragon, creusé à même la falaise et qui rejoint la mer. La seconde journée peut être consacrée à l’exploration des environs. On peut par exemple randonner au cœur de la réserve naturelle des Bouches de Bonifacio, l’une des plus grandes aires marines protégées de la Méditerranée. La marche est une formidable occasion d’admirer les falaises, de deviner des grottes marines et de scruter les espèces locales, comme le puffin cendré, un oiseau marin de taille imposante. On peut même apercevoir la Sardaigne par temps clair.
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On remonte en voiture vers Porto-Vecchio en suivant la RT10. Difficile de résister à l’appel des plages emblématiques, comme Rondinara ou Palombaggia. On peut bien sûr faire une pause sur l’une d’elles pour profiter du soleil, mais l’itinéraire invite rapidement à quitter le littoral pour s’enfoncer dans l’intérieur des terres. La route vers l’Alta Rocca marque un vrai changement d’ambiance. Les paysages deviennent plus montagneux et l’atmosphère se fait plus paisible. Passer deux jours dans l’arrière-pays de Porto-Vecchio permet de découvrir une Corse plus confidentielle. Le temps s’y prête pour l’exploration de sites naturels remarquables, comme les piscines naturelles de Cavu ou le lac de l’Ospedale. Il est d’ailleurs agréable de passer la nuit dans une chambre d’hôtes aux alentours du village éponyme. Les prairies verdoyantes des Pozzines constituent l’un des coups de cœur de l’Alta Rocca. Situées à 1 700 mètres d’altitude, elles se composent de pozzines reliées entre elles par de petits ruisseaux. Se promener au milieu de ces paysages mêlant pelouses, eau et reliefs offre un moment hors du temps, souvent accompagné par la présence de chevaux sauvages.
Il est temps de reprendre la route, en empruntant la D859 depuis Porto-Vecchio, puis la RT40 en direction de Sartène. On fait une première halte près de la tour d’Olmeto, qui offre un bel aperçu de l’une des nombreuses facettes de l’île, celle des tours génoises érigées à partir du XVIe siècle pour protéger le territoire des incursions barbaresques. La balade dans les environs est l’occasion d’en prendre plein les yeux, entre une côte découpée et des reliefs qui s’élèvent à l’arrière-plan. Tant qu’à être dans le secteur, on pousse jusqu’au village de Monacia d’Aullène. Son patrimoine, composé de puits, de lavoirs et de fours à pain, plonge le visiteur dans un passé hors du temps. Une fois arrivé à Sartène, on prend le temps de flâner dans cette commune au caractère affirmé, solidement accrochée à son éperon rocheux. On se laisse séduire par son quartier médiéval, sa place animée et la richesse de son patrimoine historique, à l’image des maisons dites « égyptiennes », reconnaissables à leurs façades aux influences orientales.
Depuis Sartène, la D21 mène à Campomoro. Ancien village de pêcheurs niché dans le golfe du Valinco, cette petite station balnéaire a des allures de paradis corse. Une plage est directement accessible depuis le village, avec un parking à proximité. Sur place, on découvre un lagon aux eaux claires, digne d’une carte postale. Le golfe de Campomoro compte plusieurs restaurants où faire une pause gourmande, autour d’une langouste, d’une bouillabaisse ou d’un risotto de crustacés. L’après-midi, les sentiers du littoral révèlent les formes sculptées par l’érosion et conduisent à de petites criques aux eaux turquoise. Pour la nuit, on pose ses valises à Propriano. Cette ville portuaire est une escale agréable pour flâner entre les façades couleur sable et les toits en terre cuite. On prend aussi le temps de rejoindre le port, d’y photographier les maisons colorées, les yachts et quelques bateaux de pêche encore amarrés, avant de s’installer en terrasse. C’est le moment de partager une planche de produits corses, et de se rappeler que l’île est aussi une destination résolument gourmande.
Reprenons la RT40 pour remonter vers le nord, en direction d’Ajaccio. Encore un itinéraire qui dévoile de beaux panoramas. C’est simple, en Corse, conduire est comme traverser un tableau de maître en éternel mouvement. Une fois arrivée dans la ville, on commence par aller garer la voiture non loin de l’hôtel, avant de faire le check-in et de parcourir la vieille-ville. C’est un endroit pittoresque, avec des bâtiments colorés et une vie commerciale foisonnante. Après le déjeuner, on peut s’accorder un moment culturel, avec au choix le Musée national de la Maison Bonaparte ou le Palais Fesch, qui abrite la plus grande collection de peintures italiennes en France après le Louvre. On file ensuite sur la plage Saint-François. Directement accessible depuis le centre-ville, dominée par une belle promenade bordée de palmiers, elle est l’endroit parfait pour un dernier moment au soleil. Il est alors temps d’aller rendre la voiture de location à l’agence.
Lors d’un road trip en Corse, louer un véhicule dès l’arrivée à Figari permet de gagner du temps. Inutile de louer une voiture trop large, plutôt un modèle qui permet de se sentir à l’aise sur les routes plus étroites, notamment en montagne. Cela permet aussi de se garer plus facilement en ville. On privilégie tout de même un véhicule avec suffisamment de puissance pour une conduite plus confortable. Il est possible de ressentir une certaine appréhension au moment de conduire dans un lieu réputé pour ses reliefs, mais il n’y a pas de soucis à se faire en Corse. Les routes principales sont très bien entretenues, et en cas de descente abrupte, il y a des garde-fous. L’idéal est de ralentir et de prendre son temps.
On pense également à son permis de conduire et à sa carte bancaire au moment de récupérer le véhicule. Il n’y a plus qu’à vivre l’incroyable aventure.
La meilleure période pour un road trip en Corse s’étend de mai à juin et de septembre à début octobre. Les températures sont agréables et le soleil toujours au rendez-vous. Les routes sont nettement plus calmes qu’en plein été, et il y a moins de monde sur les plages. Juillet et août offrent une ambiance animée, mais demandent plus d’anticipation et de patience.
Une semaine est idéale pour découvrir le sud de l’île sans se presser. Cela permet d’alterner moments de détente à la plage, visite de villages, routes de montagne avec des pauses pour randonner, tout en limitant les longs trajets quotidiens. On peut pousser jusqu’à 10 jours si l’on veut découvrir plus en profondeur ou s’attarder dans une destination coup de cœur.
Côté hébergement, il faut compter en moyenne entre 90 et 130 € la nuit pour une chambre d’hôtel standard, et de 70 à 100 € pour une chambre d’hôtes. Pour les repas, on compte entre 15 et 20 € pour un déjeuner simple, puis de 25 à 35 € pour un dîner au restaurant. À cela s’ajoutent la location de voiture et le carburant.
Ce road trip s’adresse aux voyageurs autonomes, couples ou amis, qui aiment conduire et explorer à leur rythme. Il convient aussi tout à fait aux familles avec enfants habitués à la route.
En avion, l’aéroport de Figari Sud Corse est le point de départ idéal pour explorer le sud de l’île. Départ possible depuis Paris, Marseille, Lyon, Nice ou encore Toulouse. Il est ensuite possible de récupérer la voiture de location directement à l’aéroport pour démarrer le road trip.
La Corse offre un large choix d’hébergements, avec des hôtels en bord de mer, des chambres d’hôtes et des petites adresses familiales. Anticiper la réservation est vivement conseillé entre juin et septembre. Des adresses sont répertoriées sur les sites de Hôtelier Corse et Visit Corsica.
2026-08-27T08:23:46Z